Les rythmes biologiques comportent une
grande part d'inné : ils font partie du patrimoine génétique de
l'individu et de l'espèce. Il existe une unité de base de notre
existence le jour, qui détermine un rythme de base nommé rythme
circadien. Le rythme veille-sommeil représente le rythme circadien de
base. Selon les individus, il existe des variations importantes au
niveau du besoin de sommeil, mais il faut noter que plus l'enfant est
jeune, plus son besoin de sommeil est grand.
Les différentes études menées ces dernières années mettent en évidence les points suivants :
- les périodes critiques sont situées en fin de matinée et en début d'après-midi,
- il existe une relation significative entre la durée de sommeil et l'adaptation scolaire,
- il existe une relation entre la qualité du sommeil et la sécrétion de l'hormone de croissance,
- les enfants des milieux défavorisés dorment moins bien que les autres,
- il faut créer les conditions propices pour la sieste des jeunes enfants.
L'importance du sommeil chez l’enfant
Le mode de vie imposé aux enfants dans
les sociétés développées, et notamment l'usage de la télévision les
éloignent de plus en plus d'un rythme biologique naturel où le
synchronisateur naturel est l'alternance jour/nuit et où l'exercice
physique est intégré naturellement à la vie de tous les jours.
Une durée de sommeil très fréquemment insuffisante
A 3 ans, la durée physiologique moyenne
du sommeil est estimée à 12 heures. Une enquête réalisée à Strasbourg,
en école maternelle, sur des enfants âgés de 3-4 ans montre que deux tiers des enfants ont un déficit chronique de sommeil.
Plus tard, la situation va plutôt en s'aggravant. Des enquêtes
effectuées en milieu scolaire montrent que les trois quarts des
écoliers, collégiens, lycéens, ne bénéficient pas d'un sommeil
suffisamment régulier ni d'une durée de sommeil suffisante.
On estime que vers 3-4 ans, 22 à 29 %
des enfants ont des problèmes de sommeil. 15 % ont des difficultés
d'endormissement et 23 % se réveillent régulièrement. A 5 ans, encore
19% des enfants se réveillent au moins une fois dans la nuit et 38 % ont
régulièrement des cauchemars. Ces problèmes s'estompent en général avec
l'âge, tandis que d'autres apparaissent à l'adolescence, tels que des
insomnies.
Besoins en sommeil aux différents âges de la vie :
Le déficit en sommeil nocturne se
traduit par une non-vigilance, voire une somnolence, des faibles
capacités d'attention, surtout en début de matinée, et d'autre part, par
de faibles performances des enfants aux tests et tâches scolaires.
Le sommeil doit être préparé par un
contexte affectif et environnemental adéquat qui permette de faire
désirer à l'enfant le moment de la sieste et du coucher : il faut
enfin que l'adulte aide l'enfant à aimer ce moment très agréable qu'est
l'endormissement. C’est le temps des rituels du coucher, câlins,
histoires, berceuses, etc.…
Comprendre le rythme scolaire
François Testu, spécialiste incontesté des rythmes scolaire a fait en outre les constats suivants :
- Il existe toujours un "creux" de la première heure de classe {8h - 9h}
- on constats ensuite une élévation du niveau de performance jusqu'à la fin de la matinée {pic entre 11 et 12 h)
- un abaissement après le déjeuner {vers 13-14 h}
- une nouvelle élévation dans l'après-midi, mais pas pour les jeunes enfants dont les performances restent faibles.
Point fondamental, les
spécialistes ont tous relevé que la motivation influe sur les rythmes de
l’enfant et diminue l’amplitude des variations de performance. Face à
un enfant présentant des troubles de la vigilance non pathologiques, il
est capital de travailler la motivation (voir page )
Le rythme de la semaine
Toutes les études concordent pour constater que :
- le plus mauvais jour est le LUNDI à cause de l'effet désynchronisateur du week-end, durant lequel l'enfant fonctionne sur d'autres rythmes,
- les meilleurs jours sont : MARDI - MERCREDI - JEUDI car la récupération du rythme habituel rend l'enfant disponible
- jour variable selon les enfants : VENDREDI ; les effets de la fatigue de la semaine
- commencent à se faire sentir, surtout chez les plus jeunes
- les jours "difficiles" parce que désynchronisateurs de temps sont :
- SAMEDI - DIMANCHE lesquels qui correspondent à des ruptures souvent importantes du rythme social de la semaine
En France, la durée de la journée
scolaire à l’école primaire est la plus longue du monde. Elle est en
effet de six heures, y compris pour les enfants de l’école maternelle,
âgés de trois à six ans. La journée scolaire est ainsi la plus
fatigante, « usante » et stressante pour l’ensemble des enfants de
l’école primaire. Elle est particulièrement épuisante, anxiogène et
démotivante pour les enfants vulnérables, en souffrance, en échec,
envahis par les « troubles » du comportement, handicapés, en
« désamour » de l’école ... plus généralement pour ceux qui ne sont pas
comme les autres.
Il faut ajouter les autres temps contraints de la journée :
- la durée du trajet du domicile familial à l’école ,
- le temps passé en structure périscolaire le cas échéant,
- la durée, « l’ambiance bruyante et stressante de la cantine,
- après le temps scolaire, la durée du trajet de l’école au domicile ... ou ailleurs ;
- les temps et « activités » imposés après le temps scolaire (courses au supermarché, cours particuliers,, activités sportives ou culturelles qui ne correspondent pas au choix et au désir des enfants ...) ;
- la durée des devoirs à la maison alors qu’ils sont interdits par une dizaine de circulaires ministérielles.
Il est évident que la journée d’un enfant qui doit « additionner » tous les temps contraints est beaucoup plus longue, fatigante, stressante et anxiogène que celle d’un enfant évoluant dans des conditions plus privilégiées. En outre, si l’enfant qui « additionne » les temps contraints vit au quotidien dans l’insécurité affective et s’il est en difficulté scolaire (il y a souvent corrélation entre ces trois particularités), il lui faudra plus de temps pour entrer dans les apprentissages au début de la matinée et au début de l’après-midi, et pour effectuer ses devoirs à la maison .
Comment aider nos enfants à faire face à ce rythme que la vie moderne leur inflige ?
Tout d’abord, écoutez votre enfant avant
de sombrer dans la culpabilité. En effet, tous les enfants n’ont pas la
même capacité physique et nerveuse s’adapter à des conditions
fatigantes. Certains enfants (et notamment fréquemment les petites
filles) présentent une grande adaptabilité. D’autres seront au contraire
extrêmement sensibles notamment au bruit.
Face à un enfant fatigable, la mise en
place de mesures spécifiques à la pause déjeuner apparaît souvent comme
la première priorité. En effet, malgré les efforts faits par les écoles
et les municipalités, les cantines restent souvent bruyantes et l’enfant
est sollicité en permanence durant ces deux heures de pause. Il peut
être judicieux de prévoir une autre solution que la cantine (mamie,
nounou, baby-sitter), ne serait-ce que deux jours sur quatre.
Que vous le récupériez à 16H30 ou plus
tard, évitez autant que vous le pouvez les activités « contraintes »
avec lui à cette heure là. Mieux vaut sans doute le récupérer après
votre passage éclair au supermarché, même si c’est ½ heure plus tard.
Enfin, restez raisonnable avec les
activités périscolaires : certains enfants ont des emplois du temps bien
plus lourds que les nôtres : anglais, danse, musique, orthophoniste et
orthodontiste, soutien scolaire nous voulons le meilleur pour nos
petits. Là aussi, sachons écouter leur souffrance le cas échéant. Un
enfant a le droit, comme cela nous arrive parfois, de rentrer chez lui
et de s’allonger sur le canapé sans rien faire. Il se construit
également dans l’imaginaire, en rêvassant tout simplement.
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