C’est le titre d’un article du
Nouvel Observateur paru le 25 octobre et qui intéressera tous les
parents. De nombreux scientifiques travaillent actuellement dans le
monde entier pour apporter une réponse sur ce sujet : la révolution
numérique est-elle en train de modifier le cerveau de nos enfants ?
Extraits choisis.
« Les petits d’hommes, échographiés en
3D avant leur naissance, ouvrent aujourd’hui leurs yeux dans un univers
numérise. Autour d’eux, partout, des écrans, tablettes, ordinateurs,
smartphones, jeux vidéos dans lesquels ils plongent avec délice, souvent
même avant de savoir parler. Dès leur entrée à l’école, ils passeront
en moyenne 5 heures par jour avec eux. Au collège, ils auront tous un
portable avec lequel ils enverront, dans une novlangue de leur cru en
moyenne 83 sms par jour…
Une éminente professeure de neurologie
d’Oxford, Susan Greenfield analyse : « il faut réaliser que ce qu’on vit
aujourd’hui est comparable au changement climatique. Et les enfants
sont en première ligne. Quand ils surfent sur le net, jouent en r »seau,
leur cerveau en construction est exposé à une activité trop intense qui
perturbe leur développement ».
Le 20 novembre, la défenseure des
enfants remettra au Président de la République un rapport sur le sujet,
avant que l’Académie des Sciences ne rende à son tour le sien, intitulé
« Mon cerveau face aux écrans ». Le professeur Olivier Houdé en rédige
actuellement les grandes lignes : « Après l’invention de l’imprimerie
s’est développée à grande échelle une intelligence réfléchie, linéaire,
lente cumulative. Avec l’écran on est dans un nouveau mode : fluide,
rapide, fragmenté, automatique . Ce sont plutôt les régions postérieures
du cerveau qui sont activées. On sollicite moins ou trop rapidement le
cortex préfrontal, siège de la synthèse personnelle, du recul, de
l’abstraction. Il y a là quelques chose qui risque de modifier
l’intelligence humaine ».
Nombre de spécialistes partagent
aujourd’hui un drôle de sentiment : les enfants ne savent plus jouer.
« Ils n’ont plus la notion de jouer pour de faux, assure le psychiatre
Serge Tisseron. Or, plus on fait semblant, moins on se lâche pour de
vrai, d’où peut-être la violence qu’on rencontre aujourd’hui dans les
cours de récré. Si un enfant n’apprend pas à jouer, il est amputé de la
capacité d’imaginer , de développer son sens de l’humour, ce qui le
prive d’un moyen puissant d’éviter la dépression. ».
Les parents sont souvent pris au piège
de leurs propres contradictions. La pédiatre Edwige Antier en voie à la
pelle de ces parents qui déplorent que leurs enfants ne lisent plus
Balzac et Jules Verne alors qu’eux-mêmes pianotent en continu sur leur I
Phone. « Ils ont la nostalgie d’une bonne éducation à ‘ancienne, mais
eux aussi ont besoin de se ménager après le travail des moments à eux.
Alors ils les flanquent devant les écrans, sans réalise qu’ils risquent
de le payer plus tard. La DS et l’IPad sont les tétines de l’enfant
moderne ».
A l’école les enseignants trouvent des
élèves plus curieux mais plus zappeurs. « Le monde de la connaissance
leur appartient mais beaucoup ne savent pas ce qu’est la propriété
intellectuelle, recopient des pages Wikipédia d’un clic. Internet leur
donne l’illusion de savoir et les empêche de raisonner par eux-mêmes »
se désole une prof de philo d’un lycée parisien.
« Multitâches ». C’est ainsi que les
chercheurs les définissent. Ces têtes en surchaiffe ont du mal à faire
le tri entre l’essentiel et l’accessoire. Tout les distrait. Pour
Olivier Houdé, l’enjeu est précisément là : « Dans le développement de
l’intelligence il existe un moment essentiel : l’inhibition,
c'est-à-dire la faculté de bloquer les informations non pertinentes, de
savoir faire le vide. Aujourd’hui c’est très difficile face aux tonnes
d’infirmations qui nous inondent. Le cerveau, surchargé, risque un
burn-out ».
Chaque jour, le psychiatre Xavier
Pommereau martèle le même message aux parents : « Faites-leur faire du
sport, des cabanes, de la peinture, de la cuisine. Sortez-les de leur
monde virtuels ! »
Y arriverons-nous ? C’est tout l’enjeu du XXIe siècle.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire